TERROT ET MAGNAT DEBON
DANS L'ARMEE

ET LES ADMINISTRATIONS.

Depuis les débuts de la moto on a songé à elle comme remplaçante du cheval sans y parvenir complètement.
Elle sera d'abord cantonnée au rôle de véhicule de liaison sur route.
Si les machines sont au début strictement celles de série on constate au fil du temps des modifications spécifiques
aux modèles militaires qui élargiront leur utilisation.


La guerre de 14-18.

Les premières commandes de l'armée à Terrot concerne le type B:

Magnat Debon fournis à l'armée de l'air sa 3cv 1/4 qui deviendra la fameuse 400 aviation.
C'est la dernière fois que l'on verrat une Magnat-Debon militaire.


L'ENTRE-DEUX GUERRES

Fort de l'expérience de la grande guerre, le programme du 27 juin 1928 définit un premier cahier des charges pour les différents types de moto:
- Solo
- Side-cars
- Solo tout-terrain
- Side-car tout-terrain

En 1929 sont réalisé les premiers essais avec tous les modèles des grandes marques et en 1932 sont présentés les premiers modèles
TERROT spécifiquement tout-terrain. Les moteurs sont remontés dans les cadres et des roulettes aident au franchissement.

La FLGTT (non retenue par l'armée)




Le prototype 1932 de la future RATT qui possède ici le premier moteur 500cc maison encore à boite séparée des ALPINA et RBS.

Elle n'est pas adoptée mais intéresse malgré tout l'armée... Terrot persiste et présente la RATT.


La RATT fit l'objet de nombreux essais et modifications.

Au bout de 4 prototypes elle est adoptée en attendant que ses défauts signalés par les essais de l'armée (autonomie, poids et garde au sol) soit corrigés pour aboutir à la RDTT.

Elle possède le moteur RL à magnéto. Environ 150 exemplaires seront livrés.

Une version spéciale génie fut aussi produite. La différence se situe au niveau du porte-bagage qui est renforcé et possède un grosse boite à outil faisant plaque d'immatriculation.



En 1936, nouvelle modification, elle reçoit le nouveau moteur de la RD (dite RATT améliorée) mais ne sera pas livrée comme cela, on lui préféra la RDTT radicalement différente,

plus légère de 27 kgs, sans roulettes et avec un rayon d'action suffisant qui permet de ne plus emmener deux bidons d'essence fixés au porte-bagages...


En 1934 une série de HSTA furent commandées comme véhicules de liaison.


Des plans d'usine de 1937 font état d'une 350 Tout-terrain mais on n'en connaît aucune...


En 1936 une première 750 avec side-car lourd est présentée.

En 1937 première version de la VATT avec le moteur remonté dans le cadre et roulettes.


1939-40

A partir de la fin 1938 les commandes de motos militaires s'intensifient jusqu'à ne plus être les seules produites

de septembre 39 à juin 40 dans le cadre de l'effort de guerre. Les quantités commandées ne seront jamais livrées...

En plus pour aider Gnome et Rhône Terrot assemble des side-cars 800cc AX2.

Aprés des 250cc OLGA et 350cc HLGA, quelques PUOA seront livrées.

Elles sont reconnaissable à leur silencieux flûte de pan spécifique (cannelures interrompues avant la fin du pot)


Deux séries de HDA livrées : à réservoir emboutit et pot flûte de pan armée (identique à la PUOA)
et avec le nouveau réservoir aéroport et le nouveau pot cylindrique.
  Très appréciée, elle était surnommée "La bonne à tout faire".

Si l'on compte celle de réquisition, c'est sans doute la moto la plus utilisée par l'armée.

HD de réquisition équipée des casiers BESSON pour le transport de munitions.

HDA de deuxieme serie.


Des RDA avec side-cars DTP. 2910 ont été livrées.

Les volontaires Polonais du corps expéditionnaire français (les chasseurs de Podhale) sur RDA à la bataille de NARVIK en avril 1940.


En 1938 et 1939 des RDTT, version tout-terrain de la RDA. 445 ont été livrées en deux série avec quelques différences (échappement et pare-jambes).
Elle fait 27 kilos de moins que la RATT...


Et enfin des VATT sans roulettes. Sur les 2000 commandées seulement 974 ont été livrées, l'invasion Allemande ayant interrompu la production.


LA REQUISITION
Dans les années trente, en prévision d'un conflit, tous les véhicules devaient être présentes régulièrement à une commission
chargée de déterminer si le véhicule est en suffisamment bon état pour être réquisitionné.
C'est là que l'armée à trouvé la majeure partie de ses motos pendant le conflit.

Gallerie de Terrot requisitionnées.


L'OCCUPATION

A partir de 22 juin1940 le gouvernement de Vichy est autorisé à avoir une "armée d'armistice" d'environ 100000 hommes.
L'occupant qui régie complètement cette armée autorise 6 motocyclettes par régiment.
Des motos seront commandées pour celle-ci mais la production ayant cessé (l'usine Terrot produisait exclusivement pour l'occupant des groupes électrogènes ZUNDAPP)
un petit nombre de machines ont été assemblées à partir des stocks de pièces détachées : des RDA (solo et side-car) et peut-être un nouveau modèle baptisé RCMA (solo et side-car).
C'est la première moto à culbuteurs commandées par l'armée, ce type de distribution étant jugée peu fiable auparavant.
Sa production reprend juste après la libération pour ré-équiper les administrations.

La RCMA : une RDA à moteur RSSE




APRES-GUERRE

Au sortir de la guerre la production ne put reprendre de suite donc quelques HDA, RDA et RCMA furent reconditionnées ou remontées jusqu'à l'apparition en 1946 de la RGSA
version armée de la "presque" nouvelle RGSE seul le haut moteur à culasse aluminium diffère d'une RCMA.

Escadron de police militaire dans le secteur français de Berlin en 1945.

En 1949 elle furent remplacée par les toutes nouvelles HCTLA et RGSTA.

HCTLA

RGSTA

En service jusqu'au début des années 60 elles furent les dernières motos françaises en service dans nos administrations.